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Les deux extrémités d'un bâton

Auteur : P. Rajagopalachari
(Discours donné le 21 avril 1977 au Kg Clam Community Centre à Singapore, and "Principes du Sahaj Marg" Set 1 Vol 1 Page 107)

Il existe un ancien dicton chinois qui dit : tout bâton a deux extrémités. J'ai entendu ce dicton pour la première fois il y a bien des années, longtemps avant que je ne rencontre mon Maître. Je ne pouvais pas le comprendre alors. Cela me semblait trop simple, je n'y voyais que la banale constatation d'un fait physique que n'importe qui peut voir. Qui pourrait nier qu'un bâton ait effectivement deux extrémités ? Je me demandais pourquoi un ancien philosophe chinois avait bien pu trouver nécessaire d'exprimer cette affirmation. Cela semblait une vérité d'un niveau trop superficiel pour mériter l'attention d'un philosophe. Bien des années plus tard, après que je sois venu auprès de mon Maître, j'ai commencé à saisir un peu de sa signification. Et ceci n'advint qu'après m'être familiarisé avec les pensées et les enseignements de mon Maître. Et même alors, je pense que seuls les niveaux superficiels de sa signification me furent révélés. Je le comprends peut-être un peu mieux aujourd'hui et je réalise quelle profondeur de sens se cache à l'intérieur de ces cinq mots d'un philosophe chinois oublié depuis longtemps.

La vérité la plus fondamentale que notre Maître ait révélée est que notre existence a deux aspects, deux facettes. Ce sont le domaine matériel et le domaine spirituel. Quand j'ai lu ceci pour la première fois dans la littérature du Sahaj Marg, je me suis immédiatement rappelé l'existence de ce dicton ancien sur le bâton et ses deux extrémités. Nous y voici enfin ! ai-je pensé. Mais tout ce que j'avais en fait trouvé n'était qu'une analogie. La signification profonde ne m'avait pas encore frappé. Tout en poursuivant cette méthode de pratique spirituelle avec laquelle notre Maître nous entraîne et qu'Il vous propose à tous, je découvris une deuxième leçon. Il n'y a pas seulement deux aspects à l'existence, il faut aussi que les deux aspects soient équilibrés si l'on veut vivre une existence pleine et productive. Chacun de nous vit, mais peu de vies ont un contenu réel, une réelle signification. La majeure partie de l'humanité vit une existence animale, motivée par des désirs, inspirée par la peur et conduite par des impulsions inférieures et par des appétits indignes d'être appelés humains. Aussi l'équilibre doit-il être amené dans nos vies. Ainsi que le dit notre Maître, un oiseau vole grâce à ses deux ailes. Supprimez-en une et il s'écrasera sur le sol. Peu importe la force de ses ailes, nul oiseau ne peut voler d'une seule aile.

Ce que propose mon Maître sous forme d'une simple analogie est une de ses pensées les plus profondes. Lorsque, dans notre ignorance ou dans notre façon partielle de considérer la vie, nous en négligeons l'une ou l'autre moitié, nous courons certainement au désastre.

Peu importe que ce soit l'aspect spirituel ou l'aspect matériel de la vie que nous négligions, tous deux sont aussi nécessaires, d'une nécessité vitale, en fait, pour une existence complète. Que l'un de ces aspects fasse défaut et nos vies sont incomplètes et de telles vies ne mènent à rien d'autre qu'à la frustration et au désespoir des situations inachevées. Nos ancêtres négligeaient la partie matérielle de l'existence, en la niant presque totalement. Quant à nous, les gens modernes d'aujourd'hui, nous tendons à ignorer presque aussi totalement la vie spirituelle. Le balancier semble s'être lancé furieusement d'une extrémité vers l'autre. Nos ancêtres et nous-mêmes avons souffert de cette situation en menant des vies incomplètes et tronquées, tout en imaginant pendant tout ce temps que nous suivions le mode de vie correct. Nous ne faisons maintenant que l'inverse de ce que nos ancêtres faisaient. Et cela n'est certainement pas une manière sage de trouver la solution aux maux dont souffre l'humanité ! Il est donc nécessaire de comprendre qu'il n'est pas important de savoir quel aspect de la vie nous négligeons. Négliger l'un ou l'autre aspect de la vie est mauvais, et cela nous mène à des vies incomplètes et improductives. De telles vies sont des vies d'insatisfaction, de malheur, d'insécurité, de frustration, donnant l'impression que l'on s'est égaré quelque part sur le chemin de la vie. Et ceci est vrai pour tous les êtres humains, qu'ils soient hommes ou femmes, riches ou pauvres, malades ou en bonne santé et que leur existence comporte ou non une réussite conventionnelle.

Examinons un peu plus profondément cette analogie du bâton car ceci n'est qu'une analogie. Si un bâton a deux extrémités, il a aussi un centre. Si le bâton est symétrique, il est équilibré par rapport à son point central. Alors, les deux moitiés sont identiques :

___________________________________________________

A
X
B

Appelons A et B les points des deux extrémités et X le point central. Si nous considérons maintenant la vie comme un grand, très grand bâton, nous pouvons concevoir A-X comme la partie matérielle et X-B comme la partie spirituelle de la vie.

Je voudrais vous rappeler que les grands bâtons ne sont pas seuls à avoir deux extrémités, même un bâton très court a aussi deux bouts. Ceux d'entre vous qui désirent tenter une expérience peuvent essayer de couper le bâton aussi petit qu'ils le peuvent en coupant des tranches à une extrémité. Ils s'apercevront que même lorsqu'ils arrivent à l'épaisseur d'une mince feuille de papier, il reste toujours deux extrémités, deux côtés. Si on essaie de couper la tranche encore plus finement, on arrive probablement à se couper les pouces ou les index et peut-être même les deux !

Même si cela paraît amusant lorsqu'on en parle, il n'y a malheureusement pas de quoi rire. C'est précisément ce que beaucoup de gens dans le monde entier se sont fait à eux-mêmes en essayant de réduire le bâton représentant leur vie, en le coupant de plus en plus court. Le pouce est sensé représenter la volonté et l'index est le doigt que nous utilisons pour indiquer la direction. Est-il donc étonnant que des gens démunis de pouce et d'index manquent d'un but à leur vie et n'aient pas de volonté pour agir de façon responsable ? Le nombre considérable de malades mentaux, de gens qui se suicident ou fuient la société de toute autre manière montre que lorsque cette façon de tronquer le bâton de la vie a été poussée trop loin, on en vient à endommager sérieusement le corps ou l'esprit, et bien souvent, malheureusement, les deux.

Je voudrais partager avec vous quelques autres pensées inspirées par cette analogie du bâton. Prenons le cas de quelqu'un qui a décidé de faire de sa vie matérielle une grande réussite et qui, par conséquent, consacre beaucoup de son temps et de son énergie à la seule perfection de sa vie matérielle. Cela le conduit à négliger sa vie spirituelle, probablement un peu au début et puis cela va en augmentant. Au fur et à mesure qu'il est de plus en plus absorbé par sa vie matérielle, par son succès matériel, par la richesse, il en vient à négliger de plus en plus sa vie spirituelle. Donc, si on reprend l'exemple du bâton, nous aboutissons à un autre bâton A1B1 dans lequel A1X est plus grand que B1X. Le contenu matériel A1X de sa vie a augmenté tandis que le contenu spirituel B1X a été réduit:

___________________________________________________

A1
X1
X
B1

Nous nous trouvons alors devant un problème intéressant mais insoluble : le point central du bâton n'est plus X, là où il était à l'origine, il a naturellement glissé en X1, qui devient naturellement le nouveau centre du bâton ! Quand ce raisonnement analytique me vint pour la première fois à l'esprit, un soir durant la méditation, cela fut comme une révélation. Que se passe-t-il donc dans ce cas ? En essayant d'éliminer la partie spirituelle de sa vie, de façon à pouvoir donner plus de place à sa vie matérielle, tout ce que la personne a réussi à faire est de corrompre sa vie spirituelle. Le bâton doit avoir un centre et aucun des deux côtés ne doit être nié. Ce qui est arrivé en réalité est qu'un ajustement automatique s'est produit : la nature ne tolère ni ne permet le déséquilibre. Aussi X1B1 est-il toujours la moitié spirituelle de la vie mais X1X représente la corruption qui s'est insinuée en elle provenant de la partie matérielle, la solidifiant, la densifiant de telle sorte qu'elle s'est corrompue devenant impure.

A mesure que ce processus se développe, B1X devient de plus en plus court pendant que A1X devient proportionnellement de plus en plus long. Dans une vie matérielle à l'extrême, B1X peut devenir presque nul, tandis que la presque totalité du bâton représente la vie matérielle. Je dois souligner que la partie spirituelle de la vie n'a pas disparu. Le point central X1 existe toujours mais hélas B1X1, la moitié spirituelle est devenue si grossière et dense, corrompue par les tendances matérielles que la vie spirituelle en est devenue pétrifiée.

Si, par chance, X ne s'est pas confondu en B1, une petite pointe d'aspiration spirituelle peut encore subsister, mais elle ne se manifeste plus qu'en un occasionnel remords de conscience et d'une manière grossière et pervertie de considérer la réalité. Dans une situation aussi extrême, l'oiseau est vraiment en train d'essayer de voler d'une seule aile. Une telle vie est une vie de déséquilibre grossier. Elle est donc chargée de crainte de l'échec, de sentiments d'insécurité de terreur et de désastre. Si ces peurs et ces sentiments persistent, ils peuvent très bien conduire au désespoir, et de là à la maladie du corps et de l'esprit qui ne peut bientôt plus faire face. Est-il donc étonnant, alors que dans le monde moderne d'aujourd'hui, avec toute la fascination et tout le clinquant de l'opulence matérielle et du luxe, dont votre ville de Singapour a bien sa part, il y ait autant de souffrance physique et mentale, tant de suicides et un tel niveau de criminalité? Je ne pense pas que quiconque réfléchira convenablement à ces questions puisse s'étonner de cette situation. De telles choses, des choses aussi affreuses et inhumaines sont le fruit nécessaire et inévitable d'une orientation matérielle grossière de la vie.

Que devons-nous donc faire pour trouver le bonheur, le contentement, l'accomplissement ? Mon Maître dit que nous devons changer notre mode de vie. Nous devons équilibrer nos efforts dans les deux directions. Nous devons accorder une attention égale à notre bien-être matériel et à notre bien-être spirituel, n'en négligeant aucun au profit de l'autre. Si nos ancêtres négligeaient la vie matérielle, ils l'ont payé en menant une vie de pauvreté et de maladie que la Nature leur a réservé par vengeance. Mais au moins c'est tout ce qu'ils ont dû supporter. Quand nous, dans notre ignorance saturée de connaissances, ignorons la vie spirituelle, nous semblons avoir lâché sur nous toutes les horreurs des maladies créées par l'homme lui-même et la malignité pour lesquelles la Nature ne peut plus être tenue responsable. Nos souffrances sont nos propres créations. Par notre allégeance au vice, à la corruption et à la violence, nous avons lâché sur ce monde des horreurs et des possibilités de dévastation que même nos ancêtres, dans leurs cauchemars les plus horribles, n'auraient pû imaginer. Aussi pour corriger ce triste état de choses, nous devons ramener l'équilibre dans nos vies.

Mais la vie matérielle a des limites bien définies. Après tout, un individu ne peut manger et boire qu'une certaine quantité. Nous n'utilisons pas la plus grande partie de ce que nous amassons péniblement. Nous n'agissons que par avarice. Un individu normal, sensé et ayant confiance en lui-même ne se laisserait jamais aller à une telle frénésie d'accumulation des richesses du monde. Ce n'est pas nécessaire. D'ailleurs, nos besoins matériels sont facilement satisfaits pour peu qu'on y applique un effort juste et soutenu. Alors il est temps de penser à la vie spirituelle. Dans cette dimension, la possibilité d'extension est vraiment infinie. En même temps, mon Maître dit : l'extension ou la croissance dans la vie spirituelle demandent moins de temps et d'efforts, seulement une heure ou à peu près par jour !

Alors, jetons un autre regard à notre bâton AXB. A mesure que nous étendons la vie spirituelle XB, sans d'aucune manière négliger notre vie matérielle AX, nous trouvons que XB peut s'étendre en XB1.

_______________________________________………………..

A X
X1
B
B1
B2
B3

Le point central se sera naturellement transposé en X1. Et ceci amène une autre révélation : en étendant la vie spirituelle, nous avons automatiquement et sans effort étendu aussi la partie matérielle ! Car maintenant AX est la vie matérielle et B1X1 est la partie spirituelle. Le contenu de la vie, ou la substance totale de notre vie a aussi été rehaussée.

Comme je l'ai dit plus tôt, la nature ne tolère pas le déséquilibre et ainsi le nouvel équilibre a été établi harmonieusement et sans effort, souvent sans même que nous nous en apercevions ! Et non seulement ceci, mais la surface XX1 qui appartient à la vie matérielle dans la nouvelle configuration est réellement une intrusion de la part de la vie spirituelle dans la partie dénommée XB à l'origine ! Il s'agit là d'un phénomène étonnant, la partie matérielle de la vie devient elle aussi spiritualisée ! Si nous considérons le point central comme la base de l'existence, alors X1B1 est tout entier spirituel de la base au sommet, tandis que la vie matérielle X1A voit sa base spiritualisée. Ainsi la spiritualité a été introduite dans la base même, dans la fondation même des deux aspects de notre existence.

Au fur et à mesure que nous étendons la vie spirituelle de plus en plus vers l'infini, tout en continuant à veiller à ne pas négliger le côté matériel nécessaire et vital de l'existence, un temps vient où le bâton AB s'est étendu jusqu'à une longueur infinie, disons AB3. Alors la vie matérielle AX avec laquelle nous avons commencé notre quête spirituelle et que nous avons diligemment préservée comme un véhicule pour notre existence, représentera seulement le petit bout du bâton, alors que la totalité de la vie matérielle s'étendra à mi-chemin le long du bâton. Mais la partie véritablement matérielle, pour ainsi dire la surface de notre existence totale est seulement la partie d'origine AX. Le reste a été spiritualisé. Nous avons accompli une vie qui est presque totalement spiritualisée, ne laissant qu'un petit bout de matérialité pour nous ancrer dans ce monde jusqu'à ce que vienne le moment de notre départ pour les hautes sphères d'existence spirituelle.

Les grands saints spirituels sont la preuve visible qu'une telle existence est possible et praticable. En eux, nous voyons le plus fin sommet de la matérialité spiritualisée, une simple fraction d'un tout immense et infiniment vaste. L'être humain normal ne voit que la personne physique visible, la partie exposée. Les personnes évoluées voient au-delà. Seuls ceux qui ont appris à "voir" au-delà des sphères physiques de l'existence peuvent voir cette réalité.

Dans le cas de gens qui se consacrent entièrement à la vie matérielle, nous avons trouvé que leur vie spirituelle avait été corrompue par la matérialité. Cette tendance s'accroît jusqu'à ce que la vie spirituelle devienne totalement pétrifiée. Cependant, la partie spirituelle de la vie subsiste car elle doit subsister. Sous quelle forme un état spirituel aussi pétrifié se manifeste-t-il ? Peut-être cela est-il caché dans la partie la plus profonde du cœur, se manifestant en timides lueurs de hautes aspirations ; peut-être sous forme de faibles remous d'une conscience longtemps submergée ; peut-être comme une vague aspiration à de plus hautes valeurs de la vie. Mais tout cela est recouvert par des enveloppes matérielles grossières dures comme le roc sous lesquelles la personne s'est elle-même emprisonnée. Malgré cela, on parvient à exprimer ces aspirations, par des façons grossières d'aborder les réalités supérieures.

Nous savons tous que la plupart des millionnaires ont tendance à la fin de leur vie, à faire don de leurs millions. Ils créent des fondations de charité, construisent des hôpitaux, érigent des maisons pour les pauvres gens, bâtissent des temples, des églises ou des mosquées et ainsi de suite. Je me suis toujours demandé pourquoi des gens qui ont travaillé aussi fiévreusement toute leur vie pour accumuler des richesses cherchent, aussi fiévreusement, à s'en débarrasser plus tard dans leur vie. Je pense qu'une part de la réponse est dans le sentiment de culpabilité, mais ce n'est qu'un des éléments de la réponse. Je pense que les sentiments plus subtils et les nobles aspirations - sceaux d'un véritable être humain cachés profondément dans le cœur et refoulés depuis longtemps, créent un jour une telle pression que dans un moment de faiblesse, ils explosent. Le résultat de toute explosion est le même : la surcharge est expulsée ! Dans le cœur humain, le résultat d'une telle explosion est de rejeter précisément tout le surplus de la vie matérielle qui a été accumulé durant la vie. Mais étant donné que les sentiments spirituels sont pétrifiés et qu'ils manquent de subtilité, tout ce que la libération des sentiments subtils et des nobles aspirations refoulés depuis longtemps est capable de produire, n'est que la construction avec de la pierre, du ciment ou de l'acier, de monuments à l'échec personnel. A ce stade, la personne ne trouve aucune expression plus élevée à ses penchants spirituels. Seule est possible cette façon plutôt négative de les exprimer. Pour la rendre capable de donner une expression correcte à cela, le nettoyage de toutes les impressions du passé est essentiel. De telles impressions passées sont les sentiers et les autoroutes mentaux sur lesquels nous avançons. Tant qu'ils ne sont pas effacés, nous demeurons leurs esclaves. Et c'est le devoir important, peut-être le plus important du Maître.

Nous voyons donc la nécessité impérative que nous avons de donner à la vie spirituelle la part de notre temps et de nos efforts qui lui revient. Il n'est pas nécessaire que j'insiste sur le fait que la vie matérielle ne doit pas être négligée. Elle doit obtenir sa juste part, mais pas plus que cela.

Et puis, quand nos aspirations spirituelles s'éveillent, nous avons vu qu'elles peuvent emprunter des canaux grossiers pour approcher la Réalité. Le nettoyage des impressions que j'ai mentionné il y a un moment, peut seul garantir que les impulsions spirituelles nouvellement éveillées soient canalisées correctement. C'est ici que nous découvrons la deuxième raison du besoin impératif d'avoir un Maître. Qui peut être un Maître ? Mon Maître dit : Cherchez celui qui peut vous conduire jusqu'au plus haut. Ne vous contentez de rien de moindre. Seul, un tel guide connaît le chemin puisqu' Il l'a lui-même complètement parcouru. Vous pouvez l'appeler Maître, yogi, Saint ou n'importe quoi d'autre mais Il demeure un guide quoiqu' Il puisse être pour nous et pour lui-même. Après avoir nettoyé notre système des impressions passées et de nous avoir ainsi littéralement allégés, Il nous conduit sur la route qui mène à notre but. Plus nous avons confiance en lui et plus nous lui obéissons, en suivant ses principes et sa pratique, plus rapide sera notre succès. Si, par chance, nous pouvons réaliser cette culmination de foi et de discipline que l'on nomme abandon, alors nous pouvons atteindre notre but ici et maintenant !

J'en arrive maintenant à une dernière caractéristique du système Sahaj Marg mais c'est aussi une caractéristique unique. Le Maître, par la vertu de son propre état spirituel dans le cœur de ses étudiants. Nous appelons cela, assez prosaïquement, la transmission. Il est si simple d'en parler que sa simplicité même dissimule l'infinitude de bienfaits qu'elle peut nous conférer. Imaginez qu'un riche parent vous ait légué un million de dollars, de telle sorte que d'un jour à l'autre, vous soyez devenu millionnaire sans avoir levé votre petit doigt pour y parvenir. Multipliez cela par des billions de fois et vous aurez une idée du bénéfice que nous confère la transmission spirituelle du Maître. Cela est le trait unique de ce système. Quand cette causerie sera terminée, mon Maître nous transmettra à tous pour vous donner une occasion de la recevoir dans vos cœurs.

Certains d'entre vous me poseront probablement la question qui m'a été posée et reposée durant de telles causeries en Malaisie. Que se passera-t-il quand le Maître repartira en Inde ? Que ferons-nous alors ? Bien, c'est une question vitale. La réponse est que dans ce système il y a encore une caractéristique unique : c'est le système d'entraînement par lequel il est permis à certaines personnes, comme vous et moi, de faire le travail du Maître ici. De telles personnes peuvent faire le cleaning et la transmission exactement de la même façon que le Maître les fait lui-même. Ils sont nommés précepteurs. Ainsi quand le Maître repartira pour l'Inde, ceux qui continueront la pratique de ce système ne seront pas laissés sans guide. M. T. K. L. de cette ville est une de ces personnes choisies par le Maître. Il y aura aussi un autre précepteur. Tous deux sont à votre service pour tout ce qui concerne la spiritualité. Mon frère M. R., secrétaire général du Conseil de la Jeunesse asiatique, assis à ma droite, réside à Kuala Lumpur mais il viendra vous voir aussi souvent que possible pour vous guider davantage.

Je pense avoir expliqué en détail, les points caractéristiques du Sahaj Marg. Je demande maintenant à notre frère R. de vous expliquer le processus de la méditation. Puis nous méditerons pendant vingt minutes environ pour recevoir la transmission de mon Maître.