SMRTI
  Centre de Ressources
    Introduction au Sahaj Marg
  Formation
  Publications
    Articles
    Clarifications
  Validation
  Bourses d’études
Autres
  Pensées du
jour
  Inscrivez-vous
  Remarques sur le site
  Questions/
Réponses
  Glossaire
  Librairie
  Contactez-nous
Liens
  Shri Ram Chandra Mission
     
Articles

Religion et spiritualité

Auteur : P. Rajagopalachari

Conférence publique au siège de l'Organisation Alimentation et Agriculture

Rome le 9 juin 1976 (Principes du Sahaj Marg Set 1 Vol 1 Page 80)

C'est le second voyage qu'entreprend mon Maître en Europe dans le but d'enseigner sa méthode de méditation appelée Sahaj Marg. Lors de ces deux visites, le Maître a rencontré des milliers de personnes et la question qui semble se poser à presque tout le monde est : Nous avons renoncé à la religion, que devons-nous faire maintenant ? Maintenant en Orient la question est formulée dans l'autre sens : Comment faire pour méditer sans renoncer à la religion ? Nous trouvons donc deux approches diamétralement opposées pour le même sujet. Maintenant, même si ce n'est que lors de ses deux derniers voyages en Europe que ces questions ont été posées au Maître, il y a longtemps, au moins quarante ans, je pense, qu'il a formulé et donné au monde une vérité que l'on peut presque qualifier de slogan du Sahaj Marg. Et c'est que la spiritualité commence seulement là où la religion finit. Il a exprimé ceci en une formule bien déterminée qui, dans ses propres termes, dit : Où finit la religion commence la spiritualité. Où finit la spiritualité commence la Réalité, et où finit la Réalité commence alors cette étape de l'existence ultime qu'il appelle, faute d'avoir trouvé un meilleur terme, la Béatitude.

D'après ceci il est évident que la religion doit, dans la poursuite de notre but, avoir une fin déterminée.

Le Maître a souvent dit que la religion est comme l'école maternelle qui a un but donné mais aussi très limité. Le but de la religion est de mettre l'enfant en cours de développement dans un environnement où soient enseignés l'éthique, un mode de vie moral, la vérité, toutes ces choses et où, de plus, une certaine idée de Dieu lui soit donnée. Mais, les difficultés commencent quand nous commençons à nous attacher à ces religions, quelles qu'elles soient. Peu importe qu'il s'agisse du Christianisme, de l'Hindouisme ou de l'Islam, parce que toutes ces religions ne sont que les fondations sur lesquelles nous devons bâtir une vie spirituelle. C'est un facteur commun à toutes les religions que, curieusement, chacune d'entre elle proclame qu'il y a un seul Dieu et qu'il ne peut y en avoir un second ; mais en même temps chaque religion essaie d'exclure le Dieu d'une religion des autres religions. Si nous voulions bien considérer ce sujet d'une manière rationnelle, plutôt qu'émotionnelle, nous nous rendrions compte que les dieux de toutes ces religions ne peuvent être qu'un Dieu, appelé de différents noms selon les différentes religions. Et si la vérité est que l'infini ne peut être qu'un, il doit s'agir du même Dieu. Si l'infini ne peut être qu'un, alors, ipso facto, il ne peut y avoir qu'un Dieu et la confusion ne provient que d'attachements sentimentaux ou émotionnels aux noms et aux formes que nous lui avons attribué dans chaque religion.

Voici, dit le Maître, une des grandes vérités de la vie, c'est que les religions ont de tous temps, fait beaucoup de torts à l'Humanité, pas intentionnellement, pas consciemment, mais néanmoins cela a été fait.

Le fait est que les religions ont toujours divisé les hommes. L'histoire fournit d'amples justifications à cette déclaration, à cette vérité que le Maître a formulée. Maintenant, lorsque nous en venons à la spiritualité, qu'on a aussi qualifiée de mysticisme, nous constatons que de ces religions sont issues des personnes hautement développées, les mystiques de ces religions. Nous avons par exemple des mystiques du Christianisme tels que Eckart et Bohème et les grands mystiques soufis de l'Islam. Nous avons eu aussi les Rishis de l'Hindouisme. Ils ont été capables de s'échapper, de dépasser leurs religions.

En lisant la littérature que ces grands mystiques nous ont laissée, nous découvrons que, mis à part la langue dans laquelle ils ont écrit, les valeurs des vérités qu'ils ont établies sont presque identiques. Il est intéressant de remarquer que bien avant d'avoir commencé à en parler, ces mystiques critiquaient eux-mêmes les rituels et les cérémonies religieuses. La littérature témoignera du fait que beaucoup de mystiques ont même proclamé la nécessité de brûler ou de détruire les lieux de culte car, disaient-ils, ces choses emprisonnent l'homme. Ils ont déclaré eux-mêmes que l'asservissement religieux devrait être brisé, que l'attachement émotionnel aux formes doit être brisé, que l'esclavage intellectuel vis-à-vis des enseignements doit être brisé et certains ont poussé à l'extrême en prêchant que toutes les formes symbolisant la religion devraient être détruites pour que l'humanité soit libérée de l'esclavage ou de la servitude de la religion. Nous voyons donc que les enseignants mystiques ont eux-mêmes déclaré cela.

Que se passe-t-il donc lorsque nous arrivons au niveau des mystiques ? Toute la différence est que, au lieu d'adorer des formes extérieures au moyen de cérémonies ou de rituels extérieurs, ils tournent leur recherche, leur attention vers la divinité qui est à l'intérieur. On dit que Dieu se manifeste essentiellement sous trois formes - la forme ultime où Il est sans nom, sans forme, sans attribut. Puis nous avons la plus proche de cette manifestation que nous appelons en sanskrit l'antaryamin, ce qui signifie : Celui qui réside à l'intérieur. La troisième forme est celle dans laquelle Il est adoré sous l'apparence d'idoles, icônes, peintures etc... La manière de se développer consiste à commencer par l'adoration extérieure pendant l'enfance, alors que nous ne sommes pas capables de concevoir des formes plus abstraites. Puis, lorsque la religion a réalisé son objectif en nous donnant une certaine idée de Dieu, une certaine piété, une morale, une éthique, il faut alors tourner la recherche de l'extérieur vers l'intérieur. C'est précisément là où la spiritualité commence.

Ce que nous faisons dans la méditation spirituelle est d'essayer d'approcher cet ultime et la manière la plus facile est de l'approcher à travers nous-mêmes car Il réside ici même à l'intérieur de nous. Pour cette approche nous n'avons pas besoin d'entreprendre des voyages ; nous n'avons pas besoin de sortir ; nous ne sommes pas obligés d'aller dans des lieux de culte; nous n'avons pas besoin d'encourir des dépenses quelles qu'elles soient. Il n'est pas nécessaire de connaître Dieu à travers la philosophie ou la théologie car nous en sommes arrivés à un stade où l'on ne se soucie plus des attributs et des formes qu'Il possède mais nous essayons de pénétrer l'essence même où toutes les terminologies descriptives et les philosophies ne servent plus à rien.

Supposez que je dise que cette dame s'appelle A. B.; cela me dit quelque chose. Mais pour la connaître vraiment, je dois approfondir notre association. Une forme d'approche qui aille au-delà du nom est donc nécessaire au préalable. Puis, nous arrivons à la personnalité de cette dame. Si nous voulons connaître réellement ce qu'elle est à l'intérieur, connaître son cœur, ses qualités, il faut laisser tomber cela aussi. Par conséquent, même dans les relations humaines entre personnes, nous allons du nom vers la forme, puis vers le contenu. C'est exactement la même approche que nous adoptons en spiritualité ; nous commençons par les noms et les formes de la déité. Puis nous lisons toutes les louanges ou la littérature descriptive glorifiant Dieu vers l'essence dont sont dérivés les attributs et les noms.

C'est donc en un sens l'inverse du processus de la création. Dans la création, l'essence descend se manifester dans la matière. Ici, en spiritualité, nous retournons au contraire de la matière vers l'essence. Par conséquent, ce que dit mon Maître est qu'il n'y a pas de différence, si ce n'est que nous devons changer le sens du mental et le tourner de l'extérieur vers l'intérieur. En fait, il ne s'agit que d'un changement de direction, il n'y a même pas d'augmentation de l'effort. Il nous fait donc réfléchir à ce retournement et, pour cela, le Maître nous dit que nous devons utiliser le pouvoir du mental.

Nous avons le mental, nous avons ses pouvoirs et nous voyons qu'ils fonctionnent dans des sphères différentes: mais nous ne nous rendons pas compte des possibilités du mental, qu'il peut faire beaucoup plus de choses, des choses beaucoup plus élevées que celles dont il est habitué à faire. Par exemple, nous trouvons dans toutes les religions que, au début de la création, Dieu a dit : Que la lumière soit ! ou bien : Que la création commence ou quelque chose comme cela. Je préfèrerais dire que Dieu a pensé que la lumière soit! car il n'y avait personne à qui parler, il n'y avait personne à qui donner un ordre. Cela a du être une pensée. Par conséquent, dès le commencement même, nous constatons que c'est la pensée qui fut utilisée même pour produire la création de quelque chose d'aussi grand que cet univers. Maintenant, nous avons tous des pensées mais nous n'y mettons pas de puissance. En sanskrit, il y a un mot sankalpa qui signifie le pouvoir de la volonté appliqué à une pensée spécifique.

Donc, quand nous pensons, nous sommes seulement en train de penser, mais lorsque nous faisons un sankalpa, nous mettons notre volonté derrière cette pensée. Ainsi, le pouvoir qui est là dans le mental est la force motrice, tandis que la pensée donne la direction dans laquelle ce pouvoir va fonctionner. Ce que nous enseigne la méditation, c'est d'utiliser ce pouvoir. Elle rend possible une approche en utilisant le mental pour se renforcer lui-même, pour réaliser un état de concentration dans lequel la totalité du pouvoir du mental de l'être humain que nous appelons pouvoir de volonté peut être focalisée dans une direction donnée. Même des gens orientés vers les choses terrestres tels que les psychologues ont dit que l'être humain, que même un être humain brillant, n'utilise qu'une fraction des pouvoirs de son mental. Maintenant, le yoga entreprend de mettre au point un moyen d'utiliser la partie du mental qui ne l'est pas, le pouvoir mental, pour arriver à un stade où la personne spirituellement développée peut utiliser la totalité des pouvoirs de son mental dans une direction précise. Nous obtenons alors ce qui peut être appelé une volonté indomptable, une détermination indomptable dans la vie.

Les gens demandent souvent comment le mental peut être utilisé pour se fortifier lui-même. Un simple exemple de notre vie va nous montrer que, dans tous les cas, nous utilisons la chose elle-même pour son propre développement. Même pour développer le corps ou les muscles nous commençons par lever de petits poids pour développer les muscles, puis des poids de plus en plus lourds jusqu'à ce que nous arrivions à la limite de notre capacité. Chaque fonction ou chaque organe du corps doit donc être utilisé pour se fortifier. Et le mental n'est pas différent du reste, si ce n'est ce détail très important, à savoir que, alors que les autres organes sont limités dans leurs capacités, le mental, lui, n'a pas de limites. En fait, mon Maître dit souvent que même le temps n'existe pas pour le mental. Il ne nous donne aucune explication métaphysique de cette déclaration, mais Il utilise un exemple très simple pour illustrer cette vérité : Il dit : Supposez que vous pensiez être à Londres, vous y êtes à ce moment même. Donc la pensée vous emmène où vous voulez sans aucun délai. Par conséquent, Il dit que, pour le mental, le temps n'existe pas. Ce n'est qu'une illusion, ou une expérience subjective qui nous est imposée par notre environnement. Mais ceci est une digression par rapport au sujet, je ne m'étendrai pas dessus maintenant.

Pour en revenir au mental et au renforcement du mental jusqu'à ce que l'on puisse l'utiliser pleinement pour réaliser nos buts, le Maître nous enseigne une méthode qui permet de réguler le mental. Le mental n'est pas contrôlé mais régulé. La première étape est la pratique de la méditation durant laquelle le mental est amené à se poser sur un sujet unique et nous laissons tomber toutes les pensées qui pourraient s'introduire et nous déranger, en ne leur prêtant pas attention. La non-attention est la plus grande arme pour combattre les pensées parce que, dit mon Maître, les pensées n'ont pas de puissance si on ne leur prête pas attention. Par conséquent, d'un seul coup, en méditation, on fait d'une pierre deux coups.

Nous entraînons le mental à maintenir une pensée et simultanément à exclure toutes les pensées inutiles. Le tout premier sitting lui-même nous donnera naturellement un aperçu de cette expérience. Dans de nombreux cas, des personnes qui sont venues voir le Maître ont déclaré d'elles-mêmes que, non seulement elles se sentaient calmes et paisibles, mais en même temps elles avaient beaucoup moins de pensées qu'elles n'en ont normalement durant le même intervalle de temps.

Quand nous nous lançons dans cette pratique, nous imaginons qu'il y a de la lumière dans le cœur et c'est le sujet de notre méditation. Comme je vous l'ai dit, un sujet est nécessaire pour diriger notre mental vers un canal précis. Le sujet est la lumière dans le cœur. C'est l'approche spécifique. Et nous entraînons notre mental en ignorant les autres pensées. Mon Maître dit qu' après quelques mois de pratique, un stade suffisant de concentration est atteint nous permettant d'en avoir la preuve en expérimentant nous mêmes ces moments où nous parvenons à être pratiquement sans pensées. Un état sans pensées signifie aussi qu'il n'y a pas de pensées gênantes car, s'il n'y a pas de pensées, il ne peut y avoir de perturbations. Ce premier accomplissement nous permet de poursuivre avec plus de vigueur notre méditation jusqu'au stade final où nous découvrons que nous sommes capables d'être sans pensées pendant une période assez importante, non seulement pendant notre méditation, mais aussi dans notre état de veille normal. Il y a toutefois deux états sans pensées, le premier dans lequel nous sommes conscients d'être sans pensées et le second dans lequel nous ne sommes même pas conscients d'être sans pensées.

Dans ce dernier état, quelque chose nous fait soudainement prendre conscience que nous n'avons eu aucune pensée pendant un long moment. Donc cet état sans pensées, cet état de concentration, nous l'atteignons par la pratique d'un système très simple qui ne nécessite que le simple effort de s'asseoir en méditation.

Le plus important, c'est que nous n'utilisions pas de technique de force, de contrainte ou de contrôle qui créent inévitablement une réaction d'opposition dans le mental. Tout ce que nous faisons, c'est d'adopter une attitude de non-attention. Et s'il est exact que l'action et la réaction sont égales et opposées, alors la non-attention, à quoi que ce soit qu'on l'applique, ne peut provoquer que la non-attention. Il ne peut donc pas y avoir de résistances de l'intérieur de nous-mêmes. Mon Maître dit que c'est la raison pour laquelle les systèmes qui ont dirigé leur attention d'abord sur la concentration créent généralement plus de problèmes au pratiquant qu'ils ne produisent de développement ou de progrès quelconque. Dans de telles attitudes de concentration forcée, nous luttons contre tout ce qui essaie d'entrer en nous et, par conséquent, il y a une résistance de la part de ce que nous essayons de vaincre ou d'exclure. Et plus nous mettons de puissance à vouloir vaincre cette résistance, plus la résistance augmente aussi en puissance. Dans ce système ce genre de chose est évité.

Le Maître évite soigneusement ce problème et fait en sorte qu'il nous soit très facile de parvenir à un état de concentration sans aucun effort de notre part. C'est à ce stade où le mental est dirigé dans une seule direction que, en un sens, commence réellement la spiritualité, car c'est alors que toute la puissance du mental est appliquée au sujet sur lequel nous méditons - la lumière dans le cœur. La pratique précédente n'était que la fondation donnant accès à cet état. De là, nous devons continuer toujours plus loin, mais le procédé est toujours le même. Je peux dire, dans l'intérêt général, que j'ai posé au Maître la question suivante: Comment la même technique ou la même méthode de pratique peut-elle nous emmener de plus en plus haut, jusqu'au niveau le plus élevé? Le Maître me répondit d'une manière très simple : Quand vous mettez une graine dans le sol, vous l'arrosez. Quand il sort une petite pousse vous l'arrosez. Et tout ce que vous lui donnez est de l'eau et elle continue à croître. De la même manière, nous constatons que, pour la croissance de l'être humain, mis à part la période des premières semaines de l'enfance, la nourriture que nous mangeons n'est pas différente. Et qu'est-ce donc que nous donne le Maître qui correspond à la nourriture pour le système humain ? Il nous offre la grande assistance divine en transmettant son soi spirituel en nous. J'utilise délibérément le mot "soi" parce que le mot sanskrit pranahuti signifie "offrande du soi". Quand pouvons-nous donner sans cesse à toutes les personnes que nous rencontrons, sans que celui qui donne ne subisse aucune perte lui-même ? Seulement quand nos ressources sont infinies !

Donc, comme le dit le Maître, nous devons trouver un gourou ou un guide ou un Maître, quelque soit le nom que vous souhaitez lui donner, qui, en vertu de sa propre connexion avec l'infini, puisse nous rendre cet infini accessible. La spiritualité n'est pas une marche en avant, ou une recherche, ou un voyage dans le temps. C'est un voyage dans l'éternité. Par conséquent, au fur et à mesure que nous avançons, nous avons de plus en plus besoin de cette transmission et, plus nous nous élevons, plus son assistance devient nécessaire, jusqu'à ce que, à l'étape finale, nous ne puissions plus rien faire sans son assistance. C'est là une différence très importante entre le Sahaj Marg et tous les autres systèmes. Dans les autres systèmes ils disent que lorsque vous avez pratiqué pendant un certain nombre d'années, vous continuez tout seul. Dans le Sahaj Marg, nous sommes tout seul au moment où nous entrons puis, progressivement, nous devenons de plus en plus dépendants du Maître. Ce n'est pas une dépendance qui entraîne une perte de liberté, mais une dépendance qui met à notre disposition les ressources infinies de l'infini. En un sens, le Maître agit comme un transformateur, en nous donnant la puissance de l'Ultime par doses progressives. Et, en nous donnant ces doses progressives, il développe en nous la capacité de recevoir des doses de plus en plus élevées jusqu'à ce que, au niveau final, nous devenions capables de recevoir l'infini lui-même en nous-mêmes, sans aucune limitation ! C'est ce qu'Il appelle l'état de fusion dans l'Absolu. Et, comme il ne peut y avoir deux infinis, celui qui reçoit, le Maître qui lui donne ce qu'il reçoit, et l'infini qu'il nous transmet, tout devient un.

Par conséquent, le but, le chercheur et le chemin fusionnent ensemble en une entité divine. Et ceci représente l'apogée de notre recherche.